Lettre au recteur de l’académie de Nantes

Dans une lettre en date du 30 mai 2016 – en réponse au courrier du rectorat adressé aux chefs d’établissement le 07 mars 2016 sur la « place des professeurs documentalistes dans la mise en œuvre de la réforme du collège » – l’APDEN Nantes adresse au recteur d’académie une demande de clarification des modalités d’intervention pédagogique des professeurs documentalistes qui tienne compte de leurs conditions d’exercice à la rentrée 2016.

Voici le courrier à télécharger pour lecture :

Courrier rectorat

 

Bateau

Rencontre de fin d’année

Suite au succès du pique-nique entre adhérents de juillet 2015, l’APDEN Nantes organise à nouveau une demi-journée de rencontre conviviale pour fêter la fin de l’année scolaire.

Ce temps de rencontre se déroulera à Nantes, sur les bords de Loire, aux Machines de l’île (un plan B est prévu en cas de pluie) le mercredi 06 juillet 2016. Chacun sera chargé d’apporter une de ses spécialités culinaires afin de participer au pique-nique. Merci d’indiquer votre présence sur ce Doodle.

Nous vous espérons nombreux pour ce moment convivial ouvert à tous (conjoints, enfants, non-adhérents…) dont l’objectif premier est de favoriser la communication entre collègues. Cette journée sera l’occasion d’échanger de manière informelle sur les actions passées et à venir et de fêter la fin de l’année scolaire… à l’ombre de l’éléphant !

Pour le bureau,

l’équipe de com : Marion, Agnès et Charlotte

 

Les Machines de l’île – Nantes

Soutien à la semaine d’actions du SNES-FSU

Le SNES-FSU organise une semaine d’actions spécifiques aux professeurs documentalistes du 9 au 13 mai. L’APDEN Nantes s’y associe et vous invite à participer à ces initiatives afin de porter les revendications de la profession : professeur documentaliste, c’est un métier ! Stop aux interprétations et bricolages locaux ! Les RDV où se faire entendre :

  • Rennes : mercredi 11 mai à 14h30 devant le rectorat
  • Montpellier : mercredi 11 mai à 14h30 devant le rectorat (une audience a été demandée)
  • Nice : vendredi 13 mai après-midi devant le rectorat (une audience pour la remise des pétitions)
  • Amiens : mercredi 11 mai après-midi (conférence de presse en présence de professeurs documentalistes)
  • Lyon : mercredi 11 mai à la section académique

Vous êtes invités à vous rapprocher des sections académiques du SNES-FSU afin de connaître les modalités des actions organisées. Plus d’informations en suivant ce lien.

Compte-rendu de l’assemblée générale exceptionnelle

L’assemblée générale exceptionnelle de l’ADBEN Pays-de-la-Loire a eu lieu le samedi 23 avril 2016 au lycée Raphaël Elizée de Sablé-sur-Sarthe en présence de la totalité des membres du bureau ainsi que de certains adhérents.

 

AG 23-04-2016 (3)

AG exceptionnelle du 23/04/2016 à Sablé-sur-Sarthe

Début de réunion : 10h15

Présents : 15 personnes + 14 pouvoirs (= 1/3 du nombre des adhérents).

Ordre du jour :

  • Tour de table de présentation des participants (bureau et adhérents),
  • Vote sur la nouvelle appellation de l’ADBEN (au regard du changement de nom de la FADBEN en APDEN et de la cohérence à nommer l’académie plutôt que la région). Point d’appellation : écrire « professeur documentaliste » (sans tiret). On peut dire enseignant documentaliste mais c’est plus flou que la notion de professeur. Vote à l’unanimité = 29 votes pour APDEN Nantes,
  • Discussion autour des actions menées par l’ADBEN depuis la dernière rencontre à la journée professionnelle de novembre :

1. Le boycott de la Semaine de la presse : 

Publication d’un texte explicatif sur les raisons de ce boycott qui a été lancé par le collectif Où est le prof-doc ? à la suite d’une convention signée entre CANOPE et la DAN ainsi que la communication faite par le CLEMI où nous n’apparaissions pas.

Le mouvement a-t-il été suivi ? Ce mouvement a été spontané et précipité. Au même moment, les textes sur la réforme étaient publiés. Suite à cette action, une discussion entre Christophe Mousset, Pascal Duplessis et Jean-Marc Merriaux (CANOPE) a eu lieu pour échanger sur ce boycott, lors de la journée EMI proposée par France Télévision et organisée par le CLEMI.

L’idée générale est de trouver des actions, d’alerter les différentes instances. Ce mouvement n’était pas dirigé directement contre CANOPE et le CLEMI. Il s’agissait d’expliquer que l’on travaille toute l’année sur l’EMI et pas uniquement lors de ce temps fort. Il y a aussi un changement de politique de la part du CLEMI qui dirige de plus en plus son action sur de l’événementiel et moins sur la pédagogie  Par ailleurs, nous ne sommes pas vraiment cités par le CLEMI dans ces communications sur ces événements.

Cette action a pu paraître précipitée mais elle a eu des effets comme la rencontre avec CANOPE ou le discours du 09 mars de la ministre, où elle rappelle l’importance du prof doc pour la mise en place de l’EMI. Mais cela n’est encore que des mots. Lors d’un communiqué de presse, il a été question d’une réflexion sur la modification de nos statuts (nouvelle circulaire ?). C’est donc le moment de trouver des actions pour souligner notre rôle pédagogique.

2. L’opération cartes postales : 

L’idée est de se prendre en photos lors des journées de formation (pendant la pause déjeuner). Il faut aussi profiter des lieux de rencontre pour les diffuser aux collègues professeurs documentalistes ou non. Les cartes sont à envoyer au président, à la ministre, au recteur, aux inspecteurs…

Au sujet du texte au verso de la carte : « Un carte horaire défini nationalement » ne signifie pas un horaire à l’emploi du temps (pas un nombre d’heures inscrits à l’établissement) ou une remise en cause de notre liberté pédagogique. Le problème pointé est  l’éternelle négociation locale. Par ailleurs, nos contenus sont en train d’être déplacés vers les autres disciplines. Les collègues de discipline sont en demande de formation sur nos contenus pour faire de l’EMI avec leurs élèves ! L’institution nous soutient parfois mais les résistances peuvent venir des collègues qui sont en demande d’heures suite aux nouveaux textes (réforme du collège / appel à projet TRAM : travaux académiques mutualisés). Notons que

Le guide de survie du collectif Où est le prof-doc ? permet d’éclairer sur ce que l’on peut faire ou non (27ème heure possible, participation à l’AP en binôme possible, ne pas dépasser 6h pour les élèves par jour, possibilité d’être en AP et en EPI en discipline support…). Il semble primordial de faire en sorte que chaque élève en France bénéficie du même droit à la formation. 

Autre point évoqué : les professeurs documentalistes de LP n’ont pas été inscrits d’office aux journées de formation. Ils ont été prévenus dans l’urgence pour s’y inscrire individuellement. Beaucoup ne seront donc pas présents à ces temps de formation.

  • Réflexion sur d’autres façons d’exprimer nos revendications et à des pistes d’écriture,
  • Évocation de la prochaine rencontre conviviale entre adhérents en fin d’année scolaire (un article suivra à ce sujet d’ici peu),
  • Évocation de la prochaine journée professionnelle à organiser : fréquence, personnalités à inviter…

 

Fin de réunion : 13h00

Pour toute remarque ou question, ne pas hésiter à contacter le bureau à l’adresse suivante : adben.paysdelaloire @ gmail.com

Guide de survie à la réforme : une initiative du collectif « Où est le prof doc ? »

Dans le cadre de la réforme du collège, le collectif Où est le prof doc ? vient d’éditer un guide pratique sous forme de questions-réponses afin que chacun puisse s’approprier les arguments parfois complexes de défense de la profession, notamment dans la perspective des négociations avec les chefs d’établissements. L’ADBEN Pays de la Loire soutient naturellement cette initiative.

Prof doc en colère !

 

On se mobilise dans les Pays de la Loire !

Opération cartes postales

A l’heure où l’expertise des enseignants documentalistes est plus que jamais niée, notamment par la mise en place de la réforme du collège, L’ADBEN Pays de la Loire a fait imprimer des cartes postales destinées à être distribuées lors des « formations réforme » des profs docs. 

L’objectif est de rappeler avec force notre mandat pédagogique et d’exiger un cadre national pour notre enseignement. 1000 cartes sont adressées au président François Hollande, 1000 autres n’ont pas d’adresse, chacun-e pourra ainsi choisir de l’envoyer à son recteur, IPR, ministre, au CLEMI, à Canopé, etc. 

Sur le modèle du recto de ces mêmes cartes, nous avons décliné un « badge », à poser sur les pages d’accueil des sites qui le souhaitent (à l’instar de ce que notre collègue a publié en page d’accueil de son blog :

https://twitter.com/Les3Couronnes ou http://lestroiscouronnes.esmeree.fr/).

 Prof doc en colère recto

Prof doc en colère verso présidence

La carte adressée au président à télécharger : Prof-doc en colère_1

ou la version « libre » : carteverso2 : libre

 

 

Semaine de la presse et des médias : les raisons d’un boycott

Suite au mouvement d’exaspération et de contestation qui s’est exprimé dans notre profession à l’égard de la communication autour de la Semaine de la presse en janvier 2016, l’ADBEN Pays de la Loire souhaite revenir sur les raisons de ce boycott et expliciter son soutien aux collègues participant au boycott.

Ce mouvement spontané, débuté en janvier 2016 via les listes de diffusion, a conduit un certain nombre de collègues professeurs documentalistes à ne pas inscrire leur établissement à la Semaine de la presse et des médias, dispositif traditionnel dans les établissements scolaires.

Les professeurs documentalistes constatent et déplorent ainsi que, lors de la signature de la convention sur l’éducation aux médias et à l’information entre le ministère de l’Education nationale, celui de la Culture et de la Communication et Canopé, en décembre dernier, aucune mention n’a été faite des professeurs documentalistes. Titulaires du CAPES de documentation, ils assument pourtant la charge de cet enseignement, de par leur expertise en information-documentation, et l’ont développé alors que le thème de l’éducation aux médias n’était pas autant mis en avant qu’aujourd’hui.

Par ailleurs, la communication faite par le CLEMI autour de l’édition 2016 de la Semaine de la presse et des médias n’a, de nouveau, pas souligné le rôle essentiel des professeurs documentalistes pourtant engagés depuis des années dans ce dispositif. Ce dernier est un temps fort, puisqu’il suscite une certain audience auprès des équipes, mais il est loin de représenter le seul temps consacré à cette formation par les professeurs documentalistes.

L’éducation aux médias d’actualité est certes indispensable. Cependant, cette « éducation à » est loin d’être suffisante pour faire face aux enjeux civiques et répondre aux avancées de la recherche en sciences de l’information et de la communication. Les professeurs documentalistes apportent une véritable formation à l’information et aux médias dans leurs établissements au-delà du caractère événementiel de la « semaine de la presse »

Parallèlement, à l’heure où l’expertise des enseignants documentalistes est largement remise en cause, notamment par la mise en place de la réforme du collège, l’ADBEN Pays de la Loire s’engage et soutient les actions menées aujourd’hui par l’APDEN nationale pour défendre notre mission pédagogique. Nous vous invitons à prendre connaissance de l’état des lieux publié en janvier sur le site de l’ADBEN nationale et à vous joindre à notre mouvement de protestation : Prof docs en colère !

 

 

PS : Nous remercions l’ADBEN de Caen pour son texte explicitant le boycott de la SPME dont nous nous sommes largement inspirés pour rédiger ce message.

Assemblée générale exceptionnelle

Chers collègues adhérents, 

Au regard de l’actualité qui touche notre profession ces derniers temps ainsi que des changements opérés au sein de la FADBEN, nous vous proposons de nous réunir en assemblée extraordinaire en avril prochain. Nous choisirons la date qui réunira le plus d’adhérents et vous la communiquerons fin mars accompagnée de la convocation et d’un bon pour pouvoir pour les absents. Cette rencontre aura lieu au CDI du lycée Raphaël Elizé de Sablé sur Sarthe (72).
.
Voici l’ordre du jour de cette AG :
  • Vote sur la nouvelle appellation de l’ADBEN (au regard du changement de nom de la FADBEN en APDEN),
  • Discussion autour des actions menées par l’ADBEN Pays de la Loire (réforme du collège, boycott de la semaine de la presse, opération de communication sur le rôle du prof-doc …),
  • En vue d’une position commune lors des formations disciplinaires, élaboration d’un texte à lire aux inspecteurs lors de ces journées de formation,
  • Modification des statuts de l’association (membres actifs).

 

Pour plus de renseignements sur cette réunion, n’hésitez pas à nous contacter par mail (adben.paysdelaloire @ gmail.com). Il nous semble important de nous réunir pour discuter ensemble des actions et des projets à mener pour la défense de notre profession mise à mal depuis quelques temps. Vous espérant nombreux lors de cette AG.

Compte-rendu de la journée départementale du 44

La Journée Départementale des professeurs-documentalistes de Loire-Atlantique a eu lieu le lundi 11 janvier 2016 au centre Canopé de Nantes en présence des inspecteurs EVS.

.

1. Conférence d’Odile Chenevez

Consultante et chercheuse en éducation aux médias au sein de l’équipe Translit, Odile Chenevez est intervenue sur la thématique suivante : « A la croisée des cultures informationnelle, médiatique et numérique, quelques mises en œuvre de l’EMI pour le professeur documentaliste ». Voici le support de son intervention : O-Chenevez-nantes 11janvier

Citant les textes officiels du BOEN ou d’Eduscol, Odile Chevenez a souhaité nous montrer, dans son introduction, en quoi le professeur documentaliste est concerné par l’EMI. Puis,  elle a défini l’EMI et la translitteratie comme des domaines de convergence entre information-documentation (information = knowledge), médias (information = news) et culture numérique (information = data).

Odile Chenevez nous a ensuite présenté les axes de recherche des différents groupes du collectif Translitt et son travail au sein du groupe Translitt 1, l’objectif  de ce groupe étant d’effectuer, à partir d’un corpus de textes, « un inventaire épistémologique » des domaines et projets de chaque littératie (informationnelle, médiatique, numérique) et d’analyser des convergences d’un point de vue translittéracique (voir la diapositive n°7 du fichier joint).

Dans cette perspective, O. Chevenez travaille sur une approche didactique de l’enquête pour apprendre aux élèves à publier, notamment en produisant des médias scolaires (journal, webradio, etc.). Elle propose de travailler avec les élèves sur leur rapport aux sources pour les conduire à un questionnement critique : Qui parle ? D’où parle-t-il ? Pourquoi il parle ? Comment cette source a-t-elle eu accès à cette information ?

Il s’agit aussi de placer les élèves en posture d’auteur afin de mieux leur faire comprendre le sens des lois qui encadrent  l’information et la liberté d’expression. Ce travail peut encore être exploité pour leur faire prendre conscience de leur identité numérique.

Plus largement, Odile Chenevez vise à contribuer à une didactique de l’EMI (diapo n° 11).

.

2. Présentations diverses

  • Présentation du réseau Canopé par Pascal Challet.
  • Présentation de l’ADBEN Pays de la Loire et bilan des actions 2015 de la FADBEN par Sophie Bezançon, secrétaire de l’ADBEN Pays de la Loire.
  • Présentation et bilan des groupes de JRL du 44. Ces bilans, très riches, ont montré la diversité des axes de travail des différents groupes mais aussi les axes récurrents et communs tels que la promotion de la lecture, la construction de séances pédagogiques et la mise en œuvre à venir de l’EMI et des EPI.

.

3. Échanges avec l’inspection

En dernière partie de journée, les inspecteurs ont ouvert l’échange avec la salle en annonçant que deux journées de formation sur la réforme auraient lieu fin avril et fin juin pour les professeurs-documentalistes.

Les questions des collègues se sont portées sur les modalités concrètes d’application de la réforme dans notre métier, sur le terrain :

  • Comment appliquer le nouveau décret sur les ORS (Obligations Réglementaires de Service) paru en 2014 et applicable à la rentrée 2015, alors qu’il donne lieu à des interprétations et des prises en compte variables sur le terrain, selon les académies et les établissements ? Les inspecteurs ont répondu que seuls l’AP et les TPE pouvaient être pris en compte pour une récupération de nos heures de préparation (1h d’enseignement = 2 h de travail rémunérées et donc, donne droit à 1h de récupération sur nos 30 h de présence en établissement).

 

  • Un EPI peut-il être mis en œuvre par un binôme entre un professeur-documentaliste et un professeur de discipline ? Les inspecteurs ont répondu que la « documentation » n’étant pas une discipline scolaire, cela n’est pas possible, le professeur-documentaliste devra se joindre à un binôme de professeurs de discipline.

 

  • Comment maintenir les séances d’Information-documentation proposées en classe de 6ème et inscrites dans l’emploi du temps des élèves dans beaucoup de collèges, alors que les horaires d’enseignements disciplinaires seront diminuées par la réforme, l’EDT des élèves ne pouvant excéder 26h par semaine et 6h par jour ? Selon nos inspecteurs, il peut y avoir des adaptations locales selon les besoins (par exemple à cause des contraintes de transports scolaires) et la formation des 6ème peut aussi se faire dans le cadre de projets, de l’AP (mais en collaboration avec d’autres enseignants) ou dans le cadre des EPI (mais en cycle 4)…

 

Au regard de ce temps d’échange, il nous semble que, pour pouvoir enseigner des savoirs info-documentaires aux élèves, nous sommes toujours contraints à négocier des heures avec nos collègues de discipline, à négocier des solutions locales avec nos chefs d’établissement,   sans clarification institutionnelle sur nos ORS, sur nos compétences pédagogiques spécifiques, sur notre champs de « savoirs disciplinaires », qui sont, faut-il encore le rappeler :  les SIC (Sciences de l’Information et de la Communication, incluant les SID – Sciences de la Documentation –) constituant le programme disciplinaire du master « Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation » qui prépare aux épreuves du CAPES de documentation.

 Pyramide

Compte-rendu de la journée départementale du 49

 

Le vendredi 22 janvier dernier était organisée au lycée professionnel Simone Veil à Angers la journée départementale des professeurs-documentalistes du Maine et Loire. 

.

1. Conférence de Noël Uguen

Noël Uguen est intervenu le matin sur la thématique suivante : « A la croisée des cultures informationnelle, médiatique et numérique, enseigner l’évaluation de l’information à partir des situations de collecte des élèves : outils, pratiques, savoirs ». Les supports de son intervention sont accessibles en ligne sur l’espace documentation du  site de l’académie de Nantes.

Professeur documentaliste au lycée Le Likès de Quimper et formateur à l’université de Rennes 2, Noël Uguen se considère avant tout comme un praticien qui enrichit sa pratique des réflexions des différents chercheurs en SIC comme Yves Jeanneret ou de philosophes comme Bruno Latour. Ce dernier fait allusion au passage de l’ère du document à celui de « paysages de données ».  Cette 1ère référence est importante car il faut dorénavant parler de circulation des objets documentaires. Le web a modifié le rapport au document. L’autorité personnelle de l’auteur ou le travail de l’éditeur sont des repères de l’imprimé qui ont été abolis. Dans ces paysages, les documents peuvent être fragmentés et une nouvelle logique d’indexation s’opère. Un article peut être accessible via différents infomédiaires (réseaux sociaux, agrégateurs de médias…). La lecture est active, dynamique, « ergative ».  C’est à l’élève de savoir clôturer sa recherche, contextualiser et mettre en relation les documents consultés.  Il peut interagir avec le document (faire circuler, recommander, segmenter) qui est devenu instable. Dans sa pratique, Noël Uguen a remarqué que les notions de document et d’indexation étaient loin d’être acquises par les élèves qui, par ailleurs, utilisaient des critères d’évaluation de surface. L’enquête de la FADBEN sur les savoirs info-documentaires des élèves, publiée en 2015, souligne également que ces opérations intellectuelles ne sont pas maîtrisées par les jeunes.

Ces nouvelles médiations induites par le web remettent en cause la pertinence des formations méthodologiques à la recherche documentaire. Selon Noël Uguen, la posture du professeur documentaliste doit changer. Au lieu d’outils « clés en main » il doit mettre en place des situations de recherche d’information qui amènent l’élève à produire des écrits de travail qui conserveront des traces de lecture et révéleront aussi des manières de faire lors d’échanges avec le professeur documentaliste.  Noël Uguen travaille notamment sur le document de collecte. Mis en lumière par les travaux de Nicole Boubée et didactisé par Marion Carbillet, il s’agit d’une démarche spontanée de compilation d’extraits qui permet de réguler l’activité de recherche et de mémoriser ses traces. Cette pratique informelle, qui rejoint les caractéristiques de la lecture numérique, peut devenir un support d’échanges avec l’élève pour travailler des savoirs info-documentaires (source, pertinence, fiabilité, validité…). Un contrat de lecture permet de formaliser la démarche prescrite.

En mettant en lumière les pratiques informationnelles de l’élève, le professeur documentaliste peut l’accompagner vers l’appropriation des savoirs et des compétences nécessaires pour mettre en place une stratégie d’évaluation de l’information. Par exemple, à partir d’une recherche d’images, l’élève peut s’approprier de multiples connaissances au niveau de l’information-documentation (contexte, référence de l’image…), au niveau de la culture numérique (fonctionnement de Google image,  indexation, attributs d’une image…), au niveau des médias (licences, droit…) et dans la réutilisation, la publication et l’éditorialisation de l’image. Il va donc se forger une culture « translittératique » qui englobe des savoirs sur les spécificités du document numérique, ses modes d’indexation, de circulation et d’accès à la toile. Il est essentiel de mettre en place un parcours de formation pour travailler progressivement sur ces notions.

L’action du professeur documentaliste ne se limite donc pas à fournir des recettes méthodologiques ou à prescrire de bonnes pratiques mais elle relève davantage d’un art du questionnement, de la maïeutique.  Celui-ci met ainsi l’élève en situation d’enquête, de recherche d’indices.

Réunion

2. Échanges avec l’inspection

Lors de cette journée, un temps d’échange était prévu pour évoquer l’actualité de la profession (la mise en place du décret du 20 août 2014 sur les obligations de service et la réforme du collège)  et échanger avec les inspecteurs.

Les collègues présents ont été nombreux à faire part aux inspecteurs de leurs inquiétudes quant à la place donnée au professeur documentaliste dans les dispositifs d’Accompagnement Personnalisé, d’Enseignements Pratiques Interdisciplinaires et d’Education aux Médias et à l’Information mis en place par la réforme du collège.

Une première interrogation concernait les séances d’Information-documentation proposées en classe de 6ème et inscrites dans l’emploi du temps des élèves dans beaucoup de collèges. Peuvent-elles être maintenues alors que le nombre d’heures obligatoires pour les élèves passent à 26 heures semaine ? Les inspecteurs affirment que dans les faits elles ne le peuvent pas. Pour les professeurs documentalistes, la première conséquence de la réforme est la perte sèche des heures qui permettaient jusque là la formation initiale des élèves. Selon l’inspection, ce qui sera perdu en 6ème pourra être gagnée au cycle 4, via des collaborations avec les enseignants de disciplines en AP ou dans les EPI. Dans ce cas, bien évidemment, il ne sera question que d’accompagnements méthodologiques ponctuels.

S’agissant toujours de la 6ème, les IPR évoquent subrepticement l’idée de « dérogations » locales. Elles concerneraient les établissements scolaires ayant à articuler les emplois du temps des élèves aux contraintes des transports scolaires. Cela consisterait donc à boucher les trous des emplois du temps avec des heures prises en charge par le professeur documentaliste mais fléchées « étude »… Il faudra donc négocier ces heures au niveau local. Plusieurs collègues y ont vu une régression importante pour l’enseignement de l’information-documentation et notamment la visibilité de celui-ci.

La question de l’inspection dans le futur cadre a été posée. Les IPR ont répondu que le professeur documentaliste ne sera pas forcément inspecté sur une séance pédagogique puisque le professeur documentaliste intervient en appui des disciplines. « Les IPR sauront s’adapter au nouveau cadre de la réforme » a-t-on entendu.

Les professeurs documentalistes présents ont également questionné les inspecteurs au sujet de l’application du décret sur les obligations de service dans ce nouveau collège : les heures effectuées dans le cadre de l’EPI seront-elles prises en compte ? La réponse est simple :  l’information-documentation n’étant pas considérée comme une discipline, nous ne pouvons  pas être porteurs d’un projet EPI et devrons donc nous contenter d’être, au mieux, la « troisième roue du carrosse ». Si nous y participons, ces heures ne seront pas comptées comme des heures enseignement. Le décret ne s’applique pas.

Les collègues ont, pour finir, fait part aux inspecteurs de leur difficulté à mettre en place une progression et un enseignement égalitaire pour tous les élèves. Nous sommes en effet toujours condamnés à négocier des heures avec nos collègues de discipline souvent soucieux de finir leur programme d’enseignement. Or, nous sommes détenteurs d’un CAPES, comme nos collègues de discipline. Nous avons des savoirs et des compétences à faire acquérir aux élèves comme les autres professeurs. Et même si l’institution rappelle que nous avons un rôle indispensable à jouer dans cette réforme, que nous sommes bien les maîtres d’œuvre de l’EMI, notre rôle pédagogique relèvera malgré tout, encore et toujours, de négociations locales soumises au bon vouloir et à l’interprétation.

« Older Entries